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Les 40 ans

1945 - 1985

40 années se sont écoulées depuis que les grilles des stalags et oflags se sont ouvertes pour le Grand Retour des Prisonniers de Guerre...

Sur les 1 850 000 victimes de la grande rafle de la «guerre-éclair» un certain nombre avait pu rejoindre la Mère Patrie : les réformés (les D.U, souvent enviés malgré leur santé précaire), les 70 000 évadés et les rapatriés vétérans de 1914-1918.

D'autres, hélas ! ne reverront plus la France : plus de 37000 P.G. en effet sont morts en captivité.

Comme ces 40 ans de liberté nous ont paru brefs, comparativement aux heures interminables de l'exil

Cet anniversaire - que beaucoup n'osaient espérer - sera attristé par l´absence de tous ceux qui nous ont quittés prématurément. Nombreux, aussi, sont ceux qui restent prisonniers de la maladie.

Pour les survivants, un regard en arrière s'impose avec une question : avons-nous fait notre devoir et tenu la promesse d'entraide issue des barbelés ?

Nous avons su oublier les humiliations, les poux, la faim et les coups...Mais une leçon - si chèrement payée - ne pouvait être perdue : la nécessité de la solidarité qui, seule, a permis aux P.G. de tenir.

Les multiples brassages opérés au hasard des formations des camps leur ont permis de rompre toutes les barrières sociales, politiques ou philosophiques.

Face au danger commun, aux nécessités quotidiennes, les exilés comprirent vite la valeur de l'union et de la solidarité. Et c'est ainsi que chacun put découvrir (non sans surprise) les qualités de «l'autre» : patron, ouvrier, paysan, curé ou instituteur.

Nul n'aurait pu, durant 5 ans, résister à la dépression dans l'isolement sans le réconfort d'une présence fraternelle.

Le retour au pays ne pouvait briser cette fraternité durement acquise.

Les Comités d'accueil pour le Grand Retour eurent pour initiateurs les premiers arrivés : rapatriés et évadés dont beaucoup avaient rejoint les rangs de la Résistance.

Parmi eux, n'oublions pas que certains, repris par la Gestapo pour faits de résistance - tel le charmant Maurice Bergeron toujours présent dans la mémoire des Mauriacois - furent ramenés en Allemagne pour périr atrocement dans un camp de déportation.

Dès les premiers jours d'avril 1945 notre Association départementale fut créée par une équipe de pionniers : Frédéric Bastide, Fernand Serres, Maurice Létang, Paul Piales, Antoine Benoît et Jacques Madelpuech. Les trois derniers survivants ont bien voulu accepter de rappeler dans ces colonnes leurs souvenirs sur cet événement qui suscita un mouvement fécond.

Pendant que se constituait la Fédération nationale, une Section P.G. naissait dans chaque commune. Et je crois qu'on peut affirmer aujourd'hui que les buts essentiels ont été atteints.

L'honneur des Anciens P.G. que certains esprits chagrins ou ignorants avaient pu contester, n'est plus remis en cause après avoir été attesté par De Gaulle et le Maréchal Leclerc.

La lutte pour la Paix et la liberté a été soutenue sans relâche au niveau national et international. L'entraide matérielle et morale ne s'est pas ralentie et les P.G. n'oublient pas qu'ils doivent à l'opiniâtreté de leurs dirigeants d'avoir obtenu, sans restriction, la carte (voir ci-dessous) et la retraite du Combattant. Dans le Cantal, ils ont leur journal ; depuis 1950, leur «maison» et leur Mutuelle qui leur survivra.

Ils peuvent également être fiers de leur unité sans faille et sans exemple parmi les diverses générations du Feu. Ils ont su éviter ce qui divise en vue de s'unir pour l'essentiel. Les P.G. n'ont jamais eu la prétention de donner des leçons... Ils souhaitent simplement que l'exemple de leur union et de leur solidarité ne soit pas inutile et puisse contribuer à atténuer les affrontements stériles pour faire face aux périls qui menacent notre jeunesse.

Pour terminer ces propos dont je mesure l'insuffisance, je souhaite, en ce début d'année, que nous puissions continuer à «servir» jusqu'au bout pour que survivent autour de nous : Paix, Liberté et Espérance !

A ESCUDIER

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