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1er Témoignage

Mr Pierre D.

A 20 ans, j'ai passé le conseil de révision. C'était en avril 1938, en octobre, et suis parti sous les drapeaux. J'ai été d'abord à Grenoble au 2ème régiment d'artillerie de Montagne et ensuite au 2ème régiment d'artillerie à Chambéry, à la caserne Barbeau.

Nous somme restés cinq mois en caserne. Au primptemps 1939, notre régiment d'artillerie, s'installa en état d'alerte à proximité de la frontière italienne à hauteur de Modane. Nous y sommes restés tout l'été jusqu'au premières neiges. Fin octobre, nous avons gagné l'Alsace pour occuper de nouveaux cantonnements. Le voyage fut long et pénible surtout pour certaines unités dons les trains étaient retardés par les chutes de neiges abondantes. L'hiver fut long et rigoureux. Il régnait une grande solitude sous cette neige. Mais le calme était seulement apparent car dès janvier, des escarmouches se succédèrent le long de la frontière allemande et firent les premiers morts.

Après cinq longs mois en ligne, les battreries sortirent de position et gagnèrent des cantonnements dits de "rafraichissement" et à la mi-avril notre régiment reçut l'ordre de quitter l'Alsace pour la région de Dôle. Loin de la ligne de feu, nous passâmes quelques semaines de "détente" dans la région d'Arbois.

L'attaque allemande fut déclenchée le 10 mai 1940, notre régiment gagna la région de Soisons. Dès notre arrivée, nous fûmes dans la zone même des combats. Une formation de dix huit avions attaqua en piqué. De nombreux hommes dont des gradés furent tués. Un train qui transportait une partie de la Compagnie, fût également bombardé, des citernes d'essence brûlèrent. Les routes étaient encombrées par un défilé ininterrompu de réfugiés fuyant l'approche de l'ennemi et de soldats en désordre, formant un spectacle lamentable.

Le 17 mai, suite à l'action de la division cuirassée de De Gaulle dans la région de Laon, notre division reçut l'ordre de faire un bond en avant le long du canal de lOise à l'Aisne et nous nous installâmes pour couvrir un front de 24 kilomètres.

L'ennemi approchait.

Les hommes et les annimaux s'abritaient dans les tranchées construites durant le guerre précédente. Le contact avec l'ennemi eu lieu le 20 mai. Les ponts du canal furent détruits. Nos batteries ouvrirent le feu, stoppant l'ennemi. De loudes pertes furent infligées à l'adversaire, ceci grâce a un réseau très serré d'observations sur la crête du chemin des Dames. Du 20 mai au 5 juin, nous faisions des réserves d'eau et un stock important de munitions avec fusils mitrailleurs. Puis nous partîmes pour un siège dont nous ignorons la durée.

Début juin , bien que tout paraissait calme, chacun était à son poste et le 5 juin à 4h00 du matin un vacarme assourdissant éclata. De nonbreux compagnons furent mortellement touchés, des blessés graves ont dû être amputés. La pression de l'ennemi était de plus en plus forte, les soldats allemands étaient à moins de 1500m et l'aviation bombardait, mitraillait sans cesse. On nous donne l'ordre de tirer jusqu'à l'épuisement de nos munitions et de nous replier qu'après avoir détruit les pièces d'artilleries. Nous quittâmes la position avancée du nord du Chemin des Dames pour reporter la défense sur l'Aisne, après avoir incendier les munitions et les vivres restant.

Les allemands réussirent à passer l'aisne. Des dizaines d'avions faisaient des rondes infernales, bombardaient nos alentours causant des pertes que ce soit en mulets et en matériel. De nombreux hommes manquaient à l'appel,d'autres étaient exténués

La retraite reprit. Les ponts étaient occupés par l’ennemi, les ordres étaient transmis à haute voix tant la situation étaient tendue et imprévisible. En effet, notre route était sous le feu de l’ennemi, la colonne de soldats était retardée par les bombardements. Notre commandant, inquiet de ne pas voir arriver l’ensemble des hommes, essaya de rejoindre le reste de son groupe mais sa voiture fut mitraillée à bout portant par une reconnaissance motocycliste allemande : il fut tué avec plusieurs hommes

Le 6 juin après deux heures de préparation d’artillerie et de bombardement par avions, l’attaque allemande reprit à 6 heures. L’ennemi débarquât avec des renforts au carrefour du chemin des Dames et de la route nationale. Les transmissions fonctionnaient malgré les destructions incessantes, grâce à la bravoure et au dévouement des équipes téléphoniques réparant sans relâche et sous le feu les lignes coupées. Le lieutenant encerclé, continuait à envoyer par radio, toutes les demi-heures, des renseignements sur l’ennemi. Mais la pression adverse était trop forte ; le général de division donne l’ordre de reporter la défense sur l’Aisne. Le groupe dut rechercher des positions dans la région de Brenelle Les munitions et les vivres restant sur place sont de nouveau incendiées. On repasse l’Aisne au pont de Vailly à 22 heures. Il a été tiré 1300 coups dans la journée.

A 23 heures tous les ponts sont dégagés par l’artillerie. Ces mouvements de repli étaient couverts en partie par le capitaine Michaud qui dans la nuit du 5 au 6 juin avait pris position au sud ouest de Celles sur Aisne près d’un bon observatoire. Pendant toute la journée, il exécuta ainsi de nombreux tirs. Il passa la nuit suivante au sud du pont de Condé mais tous les mulets furent tués et le capitaine dut détruire le canon.

Le 7 au matin, le groupe exécuta des tirs à vue et des tirs d’arrêt au delà de l’Aisne, puis entre l’Aisne et le canal. Une batterie ennemie hippomobile s’installa à Rouge Maison à l’emplacement même où le groupe était la veille et fut prise à partie par le capitaine de St-Charles puis sauta littéralement en l’air au pont de Vailly et au pont de l’Ecluse, des tirs très efficaces causèrent de lourdes pertes à l’ennemi qui réussit néanmoins à passer l’Aisne en profitant de grands intervalles séparant les quelques troupes d’infanterie encore valides qui bordaient la rivière. Le 7 au soir, il atteint Serches où il capture le P C avancé de l’A D. L’attaque repart le 8 au matin, la liaison fut interrompue, bombardé par des avions dans la traversée de Courcelles.

Suite du 1er témoignage
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